Comment bien réussir son “Terrible two” quand on est enfant ?

Ou comment amener ses parents chéris au bord du burn-out ?

Terrible two_défier l'autorité

Crédit photo : Flickr Stephen Thomas

Je ne comprends pas ce qui se passe en moi. J’ai envie de m’opposer, de contester, de dire NON !

Ca a commencé juste avant mon anniversaire, presque le jour de mes 2 ans.

Je ressens de drôles de choses contradictoires en moi : peut-être est-ce cela que mes parents chuchotent à mi-voix à mon sujet et qu’ils appellent l’indépendance ?

C’est vrai qu’avant je n’avais qu’à demander et maman ou papa faisait pour moi. Maintenant, j’ai envie de faire tout seul, de m’affirmer, de grandir tout simplement !

Je n’ai pas encore lu Isabelle Filliozat (normal, j’ai 2 ans tout de même) mais j’essaie davantage de :

  • socialiser en communiquant avec mon entourage (les autres enfants/adultes autour de moi, mes parents) qui ne me comprend pas toujours,
  • d’améliorer ma motricité en courant dans la maison,
  • de gérer mes émotions même si je me réfugie encore dans les jupes de maman quand j’en vis trop.
Je suis parfois tellement frustré de ne pas arriver à faire ce que je voudrais (normal je suis encore “petit”), à ne pas être efficace comme je le souhaiterais, à ne pas me faire comprendre par les grands autour de moi malgré mes efforts que j’en deviens “terrible”.

J’ai beau aimer très fort papounet et mamounette, voici pourtant ce que j’ai fait récemment :

1- La crise du NON

Terrible two enfant qui dit non

Crédit photo : Flickr elaine moore

C’est la plus facile à faire et le niveau zéro de cette belle aventure. J’ai commencé par dire non, puis j’ai varié les plaisirs autour de cette négation. Non au siège auto, non au bain, non au souper, non au lavage des mains, non au dodo, non à la nounou… Avec un peu d’expérience, on peut même se permettre des petits suppléments qui ne mangent pas de pain : coups de pieds, coups de poings, culbutes et pirouettes diverses pour échapper au contrôle des parents. J’ai remarqué que cette crise permet aussi de faire perdre un temps précieux aux parents pressés et de transformer une action de 30 secondes en épopée d’une demi-heure (minimum).

2- La crise façon diva hollywoodienne

Terrible two_diva hollywoodienne

Crédit photo : Flickr Stephen Thomas

Encore plus fort : je me jette par terre, je m’effondre et joue la “totale”. Il est important de démontrer une immense détresse, de paraître abattu par la douleur insoutenable de se faire refuser un morceau de  chocolat avant le dîner. Une bonne adhérence de tout le corps avec le plancher est essentielle durant ce spasme physico-émotionnel.

3- La crise molle ou rigide

Terrible two_enfant dans son siège auto

Crédit photo : Flickr Thomas Hawk

Toujours plus fort : la méthode simple et efficace surtout quand les parents semblent pressés ou essaient de nous mettre des vêtements. Je m’efforce alors de devenir aussi consistant que de la compote au pomme : impossible, donc, de tenir sur mes jambes. Une variante intéressante que j’ai inventée : devenir complètement rigide lorsqu’on tente de m’asseoir dans le siège d’auto.

4- La crise de l’idée fixe

Terrible two_enfant en cage comme solution

Crédit photo : Flickr Amberlei

L’idée fixe en question peut-être une activité, une phrase ou une question anodine dont on ne peut se départir. À la base, l’idée n’a rien de bien méchant, mais répétée 242 fois en quelques minutes, elle produit son effet sur un parent exaspéré. Maman use parfois de subtiles manigances afin de me changer les idées et détourner mon attention, mais je reste vigilant et c’est peine perdue. Quand cela ne m’amuse plus, je continue par une autre crise, piochée au hasard dans ma petite liste.

5- La crise du Tout de suite-Moi-Maintenant

Terrible Two

Crédit photo : Flickr Thomas Hawk

Afin d’aller jusqu’au bout de l’expérience du « Terrible Two », je suis en droit d’exiger que TOUT me soit dû, au moment où je le souhaite. Il est inutile de partager quoi que ce soit, ni la comptine à la télé ni même la télécommande avec les parents. Il n’est pas question non plus de me faire patienter avec ou sans raison sérieuse lorsque je veux quelque chose. Toute infraction à cette règle me permet de hurler haut et fort mon indignation.

6- La petite révolte

Terrible two_petite révolte

Crédit photo : Flickr Stephen Thomas

Une méthode éprouvée qui consiste à faire volontairement tout ce qui n’est pas permis, juste pour voir la réaction des parents. Les règles “on ne tape pas, on ne mord pas, on ne dessine pas sur les murs, on ne vide pas la baignoire sur le plancher de la salle de bain…” sont vraiment agréables à transgresser. Le top est encore de ne pas suivre les consignes en regardant les parents droit dans les yeux, tout en arborant un magnifique sourire. Effet garanti.

7- La statue hurlante

Terrible two_enfant qui pleure

Crédit photo : Flickr Thomas Hawk

Une crise simple et efficace. Je reste immobile, les mains contre le corps, les yeux fermés, et je pleure en hurlant le plus fort possible jusqu’à ce que quelque chose arrive. La concentration est primordiale car je dois vraiment donner l’impression aux parents que ma vie est en jeu.

8- La honte publique

Terrible two_enfant qui fait un caprice

Crédit photo : Flickr Thomas Hawk

Le pire du pire pour mes parents : je profite de la présence d’autres personnes pour décupler la portée de ma crise. Le supermarché est souvent le meilleur endroit pour s’entraîner. Je peux aussi agir en véritable diablotin devant les invités ou attirer l’attention sur mes mauvaises manières dans une réunion familiale. Le but étant de faire passer les parents pour des gens irresponsables et laxistes dépassés par les évènements.

9- La grève de la faim

Terrible two_enfant qui ne veut pas manger

Crédit photo : Flickr Thomas Hawk

À l’heure des repas, les moyens de pression deviennent basiques et directs. Je refuse de manger ce qu’il y a dans l’assiette et/ou j’exige autre chose (de préférence sucrée ou introuvable sur le moment). Petite variante très divertissante : j’adore voir le visage des parents lorsque je refuse de manger ce qu’ils considèrent être mon plat préféré. Des fois, j’aime bien aussi, 15 minutes après la fin du repas que je n’ai pas mangé, crier que finalement je meurs de faimmmmmm !

J’ai maintenant 3 ans. Nous avons eu des moments difficiles (surtout mes parents) mais je suis devenu plus calme. Faire des crises m’intéresse désormais moins même si “je ne dis pas non” lorsque l’occasion se présente de temps en temps. Je vais bientôt aller à la maternelle et j’ai bien compris que ce type de comportement n’est pas toléré à l’école. Je grandis
Si toi qui me lis, tu as aussi eu “2 ans” et que tu te reconnais dans cet article ou si tu es le parent d’un “terrible two” : merci de “liker” et de raconter tes aventures ci-dessous.
Recherches utilisées pour trouver cet article :crise molle

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4 réponses

  1. Roselyne dit :

    Bonjour François-Xavier,

    un grand merci pour cet article écrit avec beaucoup d’humour. Mon petit bonhomme de 14 mois rentre tout doucement mais surement dans cette phase et grâce à cet article je comprends mieux ce qu’il ressent.

    A très bientôt, Roselyne

    • Merci Roselyne pour votre partage !

      J’aurais aimé connaître cette sorte de passage obligé lorsque, il y a 4 ans, notre benjamin m’a dit non pour la première fois en me regardant droit dans les yeux et en croisant les bras.

      Assez déstabilisé par son attitude, je n’avais rien trouvé de mieux que de lui mettre une fessée (heureusement amortie par sa couche) et de l’envoyer au coin. Nous l’avions même filmé en train de chanter et danser pendant sa « mise en retrait ». Quel aplomb pour un enfant de 2 ans !

      Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus de punitions comme celles-ci et nous continuons à essayer d’améliorer le plus possible notre vie de famille.

      Je vous souhaite plein de belles choses avec votre petit bonhomme et à bientôt pour de nouvelles aventures au pays de la parentalité bienveillante. 😉

  2. Shirley dit :

    Bonjour, Quel merveilleux article ! Merci cela fait du bien à lire…sauf que Jules vient d’avoir 5ans…
    ce n’est pas systématique mais dès qu’il est fatigué. C’est à dire en période scolaire 6jours/7 (On le couché tôt, sieste les mercredis, samedis et dimanches..etc)
    On alterne les méthodes suivant l’effets qu’elles ont sur Jules, cela varie selon les periodes. Ou selon nos propres capacités émotionnelles…les méthodes positives ou les autres… de type hurlement primaire. Mais rien de réellement efficace.
    J’avoue que nous n’en voyons pas la fin.
    En dehors de ces moments où il est fatigué c’est un petit garçon fabuleux, intéressant, curieux, attentionné, poli, coquin…avec qui on trouve toujours un terrain d’entente. Des moments ou toutes les méthodes positives fonctionnent à merveilles !!
    Alors merci pour votre article et si une idée brillante vous traverse l’esprit nous sommes preneurs ! Bonne continuation !

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