De la violence éducative ordinaire aux violences collectives : l’importance de la parentalité positive n’est plus à démontrer !

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C’est en ré-écoutant cette conférence donnée par Marc-André Cotton, en mars 2014 à Lyon, que nous avons conscientisé combien la violence à l’âge adulte est souvent le résultat de la violence reçue en tant qu’enfant.

Marc-André Cotton est à la fois enseignant, psychohistorien et auteur du livre Au nom du père (Les années Bush et l’héritage de la violence éducative).

Georges W. Bush, 43ème président des Etats-Unis, est né dans une famille où le père (Georges H. W. Bush, 41ème président lui-même) comme la mère étaient des gens violents.

Georges W. Bush à l'université de Yale

Crédit photo : Flickr University of Yale

Dans son enfance et jusqu’à l’âge adulte, Georges W. Bush a régulièrement fait l’objet de brimades, de châtiments et de bizutages (par exemple, à l’université lorsqu’il a intégré la prestigieuse et puissante confrérie des Skulls and Bones).

Il faut préciser qu’aux Etats-Unis la VEO est très présente dans les Etats situés majoritairement au Sud du pays (dans ce qu’on appelle la “Bible belt” ou “ceinture de la Bible”). Cela remonte à la colonisation par les “Protestants Anglo-Saxons Blancs” (les WASP) du pays qui basaient l’éducation des enfants sur la Bible (où l’éducation positive est très peu présente : Abraham n’est-il pas prêt à tuer son fils pour obéir à Dieu ?) : un enfant doit être dressé et son comportement rectifié en permanence par le parent.

Autant dire que l’enfant est considéré comme une sorte de pêcheur, d’être imparfait que le parent (rigoriste) doit éduquer violemment pour le “salut” de son âme. Il y a une connotation de Bien contre le Mal et de péché originel à expier…

Si vous souhaitez visionner la conférence en entier, la voici :

Marc-André Cotton mentionne 2 conséquences majeures de la VEO :

la dissociation traumatique

Papa qui donne une fessée

Crédit photo : Flickr Popi

La répétition des traumatismes que l’enfant subit va susciter la production d’endomorphines qui “éteint” la réponse émotionnelle : le cerveau coupe littéralement l’accès au ressenti et l’enfant devient insensible à sa souffrance et à celle des autres.

Il est à noter que la mémoire traumatique reste piégée dans l’amygdale.

La victime de cette violence a des “remontées émotionnelles”. C’est déstabilisant pour la personne qui va recourir à des stratégies d’évitement voire recourir à la violence afin d’anesthésier sa propre souffrance. La victime devient bourreau.

l’état de stress post traumatique

VEO Mère fille

Crédit photo : Flickr Eliane

L’enfant vit dans un état d’anxiété (attaques de panique, cauchemars, terreurs nocturnes…) et cette “empreinte” de terreur va subsister dans le cerveau et créer des circuits de peur conditionnée jusqu’à l’âge adulte.

Des études au moyen de l’Imagerie par Résonance Magnétique des enfants victimes de VEO ont mis en évidence que la taille de l’hippocampe était plus petite que la moyenne (l’hippocampe permet le traitement et l’intégration des expériences par le cerveau) et que, en parallèle, la taille de l’amygdale était plus grande que la moyenne (l’amygdale sert à traiter la peur).

L’exemple de la violence collective aux Etats-Unis

Après le 11 septembre 2001 (j’étais alors à quelques kilomètres de New York), le peuple américain s’est déclaré en faveur de l’augmentation des dépenses militaires et de l’invasion de l’Irak (pour s’accaparer les richesses pétrolières du pays) sous prétexte que le pays disposait d’armes de destruction massive (information qui s’est révélée fausse et mensongère depuis).

Victimes des structures mentales de soumission installés dans l’enfance par la violence de leur éducation, les Américains n’ont pas su s’opposer à la brutalité que leurs dirigeants entendaient mettre en œuvre sur le plan international.

En effet, Nos comportement d’adultes remontent à l’enfance, lorsque pour survivre, nous étions forcés de nier notre conscience face à des parents et des éducateurs tout puissants et refusant d’être remis en cause.

Marc-André Cotton met en avant que la violence collective américaine (qu’on retrouve notamment dans les séries et les films grand public) est fortement ancrée dans les traditions : elle serait issue de la ferveur religieuse (protestante et évangélique) des premiers colons.

Aux Etats-Unis, la violence est grandement fondée sur une interprétation rigide de la Bible car la douleur est perçue comme un moyen de purification et le conditionnement verbal (chantage, menaces, récompenses) est très présent dans la relation à l’enfant.

Le couloir de la mort aux USA

Crédit photo : Flickr Etienne Valois

La présence d’une mémoire traumatique collective (le Dr. Hodson qui prône les châtiments corporels a eu un auditoire de plusieurs millions d’américains pendant des années) a contribué à alimenter la névrose américaine :

  • mépris pour les faibles et la faiblesse
  • culte de la force physique et de la puissance militaire (qui aurait dû protéger et qui pourra désormais servir à se venger)
  • aucune législation sérieuse n’existe quant à la vente d’armes (par une volonté inconsciente de ne pas mettre un terme à la violence)

Comme conséquence directe de cette violence collective ancrée dans la culture populaire américaine, la porte est grand ouverte à :

  • la recherche constante de “cibles émissaires” (le communisme, le terrorisme…)

On rend coupables de nos maux des ennemis désignés, ce qui justifie la destruction de ceux-ci :

  • la victime devient bourreau (on s’identifie à l’agresseur) avec la volonté de remettre en scène la violence éducative subie
On observe d’ailleurs une véritable cohésion nationale autour du désir de vengeance et pour une “croisade” contre le Mal.

Cette volonté de vengeance qui se cache derrière la volonté de faire le bien se retrouve dans les médias, dans les productions audiovisuelles américaines. La violence est banalisée en permanence.

Marc-André Cotton prend comme exemple le nombre moyen de personnes tuées par le héros de la série 24 au cours de chaque épisode : 27 meutres (136 personnes tuées au cours des 5 premières saisons).

La violence infligée aux plus jeunes ressort donc sous forme de passage à l’acte à cause de la mémoire traumatique et des stratégies d’évitement.

Il est urgent de reconnaître la sensibilité des enfants et de les traiter avec respect en prenant conscience de leur grande sensibilité.

VEO fille qui se prend une gifle

Crédit photo : Flickr Etienne Valois

Si l’éducation est source de violence : on doit absolument lui substituer autre chose. On doit plutôt aller vers une relation basée sur le respect avec les enfants, vers une écoute et un échange.

La parentalité positive est d’utilité publique malgré toutes les difficultés qu’elle implique (travail sur soi, éducation émotionnelle, apprentissage de nouvelles manières de communiquer, écoute des souffrances de l’enfant intérieur de l’adulte…).

La seule manière de mettre fin aux violences collectives est de remettre en cause toute la vision de l’éducation, à l’école et à la maison pour cheminer vers plus de conscience et de bienveillance.

Le débat sur l’interdiction de la fessée et des châtiments corporels a été relancé en France

22 états en Europe ont interdit les châtiments corporels dans les écoles et dans les familles. La France et la Suisse n’en font pas partie pour l’instant.

Récemment, sept Français sur dix se sont prononcés contre une loi interdisant la gifle ou la fessée envers les enfants, selon un sondage Ifop pour Le Figaro.

Le 20 avril dernier, les députés Édith Gueugneau et François-Michel Lambert ont tenu une conférence de presse à l’Assemblée Nationale pour présenter un projet de proposition de loi visant à abolir la violence faite aux enfants en modifiant le code civil dans ce sens.

Cette démarche, qui a peu de chances d’aboutir, montre néanmoins qu’il y a une prise de conscience quant aux bienfaits de la parentalité positive.

Pour conclure

Je me prends à imaginer que si Georges W. Bush avait été câliné au lieu d’être battu, humilié… par ses parents : il n’y aurait peut-être pas eu :

  • de guerres en Irak et en Afghanistan
  • le Patriot Act qui bafouait les droits de l’homme aux Etats-Unis
  • la prison de Guantanamo qui ne tient pas compte des accords de Genève quant aux droits des prisonniers de guerre (et offre donc la possibilité de torturer ceux-ci).

Combien de vies épargnées et combien de familles seraient encore là ?

Comme le souligne l’UNESCO : si l’harmonie règne au niveau de la cellule familiale, elle règnera aussi au niveau de la collectivité. Je me mets à rêver que si chaque enfant est élevé positivement : une grande partie des problèmes (comportements dysfonctionnels, peur et haine de l’autre…) présents dans le monde actuel n’existeraient même plus.

 Est-ce que vous aussi vous avez connu de la VEO dans votre enfance ?

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